Retour... sur terre
Je me lève super tôt, vers 5h du matin... fais chauffer de l'eau pour mon cappuccino. Ensuite, je m'habille... me brosse les dents et je suis prêt et je peux quitter l'hôtel. Dehors, il fait nuit et je suis fatigué et triste.
Pour la dernière fois, je prends la direction de l'International House... où Fabien est déjà levé (!!)
Nous prenons le chemin vers le petit train pour le centre de Toyohashi, où nous allons prendre le premier. En l'attendant, je prends un Royal Milk Tea au distributeur... mais, comble du malheur, j'en prends un froid.
Une fois dans le centre, on passe au combini (mon dernier) et nous allons attendre notre bus. Quelques minutes plus tard, il arrive et il est super class. On doit être quatre en tout (avec le chauffeur) et c'est parti pour plus d'une heure de trajet jusqu'à l'aéroport de Nagoya. Fabien s'endort deux minutes après le départ et moi je m'imprègne de mes dernières images du Japon. On paye en descendant du bus et on entre dans l'aéroport - il nous a déposé juste devant la porte...

1_a_roport

Le futur voyageur est censé s'enregistrer deux heures avant le décollage de son avion, donc comme il est plus de huit heures, on se sépare rapidement et me voilà tout seul et déprimé au milieu d'une foule à 90 % nippone.

2_billet

L'enregistrement est beaucoup plus efficace qu'en France : ils ne me font pas retirer mes chaussures et ne fouillent pas mes bagages à main.... je suis prêt à partir avec plus d'une heure devant moi. Je commence par chercher ma porte d'embarcation, (où il n'y a personne) et je fait un peu de shopping pour finir mes yens. Comme demain c'est l'anniversaire de ma mère, je lui un cherche un cadeau (dans les rayons parfums, les vendeuses me sautent dessus, donc j'abandonne) et je finis par acheter des chocolats...

3_Choco_Godiva

... des marrons glacés (de Yokohama) et un magnet de Maneki-neko (le chat porte-bonheur qui lève une patte, que l'on voit dans tous les restaurants japonais en France) dans une autre boutique, où je trouve aussi des journaux en anglais et des bonbons dans un paquet en forme de distributeur de boisson.
Ensuite, je retourne vers la porte. En face, il y a des toilettes et aussi un distributeur de boissons. Je lis un peu mes journaux et de temps en temps, je jette un œil aux passagers ; à ce moment là je suis un peu (beaucoup) déprimé à l'idée de quitter le Japon, triste de quitter Fabien et même temps excité de reprendre l'avion l'avion et de retrouver mon chez-moi et stressé de savoir que je vais y passer les onze prochaines heures (plus le bordel qui m'attend de CDG à chez moi)... tous cela fait un cocktail très sympathique à vivre !
Une vingtaine de minutes avant le départ, un groupe de japonais est arrivé avec costumes-cravates-valises-à-roulettes... ils sont plutôt calme et détendu (certains rigolent) même si je me doute qu'il ne partent pas en France pour des vacances.
Avant de partir, je vais aux toilettes, mais je suis déçu car il n'y a pas de WC du futur ici (je voulais prendre une photo !), et pour finir mes pièces, je fais le plein des boissons :

4_Chouchous

Et je me dirige vers la porte. Où il y a une folle effervescence : le Big Boss des Men in Suits a débarqué et ils s'agitent autour de lui comme des abeilles autour de leur reine !
Les premières (dont le Big Boss) ont commencé l'embarquement et ensuite les pauvres (dont moi)... je trouve ma place et je suis, pour le moment, tout seul dans ma rangée... et c'est toujours le cas cinq minutes avant le départ... je commence à me dire que ce serait très sympa d'avoir une rangée pour moi tout seul ! et je commence à regarder autour de moi : l'avion est au 3/5ème plein, c'est donc possible.
A côté de moi, dans la rangée du milieu, il y a une maman (japonaise, mais je ne suis pas certain) avec un bébé adorable (pour le moment).
C'est l'heure, les portes se ferment, l'avion commence à bouger et je suis tout seul !... je me glisse vers le hublot pour ne rien manquer du décollage. L'avion s'installe sur la piste (apparemment il n'y en a qu'une), la mer est sur ma gauche (donc, comme à l'atterrissage). Et c'est parti !... C'est génial. C'est irréel (mais pourtant tellement concret au niveau des sensations), de voir partir le sol en vrille par ce petit hublot, on pourrait ce croire devant un écran s'il n'y avait pas cette extraordinaire poussée que l'on ressent dans tout le corps.
Par le hublot, on perd vite de vue la terre, tout de suite la mer. Je vois des bateaux si gros... puis si petits...
Le trajet est simple :

5_trajet

On monte vers le nord et on longe le continent. Ce qui ne donne pas un super paysage à voir : du blanc, du blanc & encore du blanc aveuglant. J'attend un peu avant de regarder un film car on va bientôt manger. Comme l'autre fois, peu de temps après le décollage, nous avons eu droit aux serviettes chaudes et au thé vert.
Comme j'ai trois fauteuils pour moi, je mets le trajet et les infos relatives au vol sur l'écran du milieu et avec celui qui est devant moi, j'écoute de la musique - de la pop japonaise. Je m'installe confortablement (merci les coussins) pour lire "Kafka sur le rivage", il ne faut pas que je lise trop vite, il ne me reste que 200 pages (les longs voyages en train n'ont pas aidé, et je n'avais pris qu'un livre).
Le repas arrive, très bon, avec toujours ce mélange asiatique/occidental. Puis café ou thé et ils éteignent les lumières, les hublot se ferment. Je regarde "Une nuit au musée" avec Ben Stiller, que je m'étais gardé pour le retour. C'était très bien, très rigolo, maintenant, je regrette de ne pas l'avoir vu au cinéma sur grand écran. Après je reprends ma lecture avec cette fois dans mes oreilles : Air, la BO de Lupin et Happy End que Fabien m'a mis dans mon baladeur MP3. Je n'essaye même pas de dormir !
Les "Men in Suits" sont éparpillés un peu partout dans l'avion, et ils n'arrêtent de bouger. Ils n'arrêtent pas non plus de boire des bières, les hôtesses sont tout le temps du trajet en train de se promener avec des bières sur un plateau. Et, bien sûr ils sont tout le temps en train de faire la queue pour les toilettes ! c'est impressionnant comment les gens vont tout le temps aux toilettes... ça n'arrête jamais ; moi, comme à l'aller, j'y suis allé une fois ! mais je ne bois pas de bière...
Deux heures avant notre arrivé, on rallume tout et on donne des serviettes chaudes... j'adore ça !
Et deuxième et dernier repas : petit dej. car l'arrivée est prévu à 14h.
Toujours rien à voir par le hublot, nous sommes toujours dans le nord de l'Europe. Mais les hôtesses commencent à s'affairer, à tout ranger : on s'approche... la lumière pour le bouclage des ceintures s'allume. Nous sommes au dessus de la France et on ne voit rien : que des nuages gris ! il faisait si beau à Nagoya.
On entame la descente, les oreilles se bouchent, toujours rien à voir !
Il est 13h30, on traverse enfin les nuages, on voit le sol mais nous sommes au dessus de l'aéroport : c'est moche. Trois minutes plus tard on se pose, puis on tourne, puis on roule, puis on attend, puis on roule et à 14h pile l'avion est raccordé au terminal de CDG.
Je n'ai pas vraiment envie de sortir de l'avion, c'est trop triste, la déprime me guette à la sortie !
D'habitude je me moque du temps qu'il fait, mais là c'est trop moche. Et par rapport à celui de Nagoya, CDG est vraiment trop laid (en tout cas là où nous arrivons). Je veux rentrer au Japon ! Ici c'est trop pas beau et les gens y sont méchants ! c'est des parisiens tous laids...
En attendant les bagages, je téléphone à la maison pour prévenir de mon arrivée. Une fois les bagages en main, je me met en quête de la sortie où l'on peut trouver les taxis... il me faut bien cinq minutes ! je dirige vers la porte lorsqu'un monsieur m'interpelle : La douane (je suis vraiment un novice). Ils kiffent les gens qui reviennent du Japon, tous ces produits de haute technologie qu'on trouve là-bas... Il me demande si je n'ai rien à déclarer. Non, je réponds. On va regarder qu'il dit. OK ! Il inspecte tous mes bagages et me laisse repartir ! Je l'avais dis que je n'avais rien a déclarer.. Ils écoutent pas ces gens là !
Je monte enfin dans un taxi, une XM conduite par un papi. Maintenant, il pleut, c'est de plus en plus moche. Je commence à vraiment déprimer sec ! Le monsieur est très gentil, il ne me parle pas. Il aurait du mal : j'ai tête tourné vers la vitre à deux doigts de pleurer, effarer devant la laideur pluvieuse de la banlieue parisienne ou son périphérique. Il écoute FIP... le fourbe ! il sait y faire pour détendre ses clients. Mais ça roule très mal et le compteur tourne... A proximité de Paris, il me parle, il n'est pas embêtant du tout, très sympa. A l'arrivée : 45 €.
Tout va bien, je suis en avance pour le prochain train, j'ai le temps de m'acheter un truc à manger et un journal en français. Je monte dans le train, et même s'il est encore tôt dans l'après-midi, il se remplit beaucoup à mon goût... j'aurais du prendre un billet de première ! Le temps n'est pas gentil avec moi ! pourtant je ne lui demande jamais rien ! c'est encore plus laid qu'une heure auparavant... on dirait qu'il est neuf heures du soir. Cinquante minutes plus tard, je suis aux Aubrais où il pleut aussi et mes parents ne sont pas là, donc j'attends... dix minutes plus tard ils apparaissent, on s'embrasse et on monte en voiture...
Et voilà, c'est fini.
Le chrono s'arrête.
Fin du voyage.
Fin de l'histoire.

Je ne me doutais pas qu'il serait aussi difficile de passer de "j'irai au Japon" à "je suis allé au Japon".
Le futur est un lieu tellement sympathique et où il fait bon se blottir, se projeter, rêver...
Le passé est moins plaisant : la nostalgie et les regrets y sont rois.
Les regrets, il y en a forcément - ils sont inhérents aux vacances, aux voyages - mais pas beaucoup.
Les regrets - l'importance qu'on leur donne - sont proportionnels à la distance qui nous sépare du moment où l'on pourra transformer ces regrets en souvenirs.
Donc, il faut que ces regrets servent de moteur pour remettre en marche le futur...
Je retournerai au Japon.
Pour finir, un grand MERCI à notre "Guide" :

6_Guide